Il fait peur mon orphéoniste,
La marche dans tes pas lègers supporte à chaque pas le poids mort de la terre.
Chante, mon Hérault, que la musique au moins allège mon fardeau.
L'obscurité porte ton chant comme un flambeau, mais le silence est aux aguets
N'arrête pas
Et si la poèsie est un cri ravivant les mondes à l'agonie
Enonce le nom de toute chose que leur souvenir me revienne
Le fond de la terre, ce lit commun à tous, est un abri si tranquille.
Chante mon guide de l'au-delà, n'interromps pas le trajet souterrain
Ici l'immobilité est un refuge tentant
Rien ni personne en travers de la route que l'opacité des ténèbres tendres et dociles
Seul un chant de puissance et d'amour peut inverser le cours de mon destin
Le suintement des roches s'écoule à ton chant, salvateur médecin des entrailles du dragon terrestre
Oh ! L'humidité au bord de la poussière des millénaires, l'émotion du vif contre la tempérance de l'oubli !
Dis, combien le coeur aspire au sang, combien la narine aspire l'air, combien Orphée aime Eurydice
Oh ! Ce qui coule de l'intèrieur de la terre, plus fluide encore maintenant, c'est ton chant qui l'a fait jaillir
Ne cesse pas, puisatier mon poète
Rien ne voit
Quelque chose comme des yeux inutiles pousse du dedans
Charme-les, mon invisible, sans frapper leur envie de sommeil
Eclaire au-devant la route, merveilles oubliées dans la tombe
Ah ton chant, mon aimé, a fait trembler la terre, et ce torrent qui force la densité terrible de la nuit, ce sont
Mes larmes
Mon amant, je te vois, je te suis, je suis, je reviens par toi à la vie, je revis.
Ne t'interromps pas mon souci...
C'était si tranquille là-bas derrière.





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