Bienvenue au blogorama !
Je souhaite que vous soyez à votre tour inspiré(e), et je serai heureux de lire vos commentaires.
Nouvelle chaîne transmise par Baldwulf le poète pourfendeur d'orques : sur le thème automne/hiver : j'aime... j'aime pas...
J’aime, l’automne, marcher dans les feuilles mais j’aime pas les voir tomber.
J’aime le crac sous les pas mais j’aime pas le pfuit quand la roue avant dérape dans le mouillé.
J’aime l’odeur de tisane douce mais j’aime pas la goutte au nez.
J’aime la « saison mentale » d’Apollinaire mais j’aime pas la saison de la chasse.
J’aime le soleil l’automne mais j’aime pas les jours qui raccourcissent.
Et l’hiver ? J’aime pas l’hiver, qui peut aimer cette saison morte ? Les oiseaux migrateurs qui n’ont pas à faire contre mauvaise saison bonne figure sont dans le vrai. L’hiver : le froid, l’ennui, les fêtes commerciales, même la neige est grise et sale dans les rues, rien à faire d’autre que d’attendre le retour du printemps, j’aime l’hiver : quand il se termine. Et vous ? Ne me dîtes pas que vous n’avez jamais poussé un ouf de soulagement quand enfin reviennent les beaux jours.
Et pour prendre la suite :


Rivières dorées, portes des soleils rares.
Il fallait passer les corps bruns des rocheuses
Et Pierre avait marché toute une nuit déjà
Avant ce dernier soir
Sur la terre des hommes,
Et tout le jour d’avant encore.
Non qu’il fût épuisé,
Il portait les semelles de vent,
Mais s’arrêter, une dernière fois, à l’orée !
Une envie de s’asseoir et de se perdre
Les yeux dans le brouillard des rivières dorées.
Au-delà, c’était le monde de l’Etre-fou,
Terres abîmées du hasard où germaient encore
A l’abri des caciques, des canons de beauté, des tics audio-visuels
Les graines de sésame aux portes du palais seigneurial et secret.
Pierre était bûcheron aux nombreuses misères
Et dont la mégère de femme n’était pas une des moindres.
Dire qu’il avait fui, pas tout à fait,
Même s’il avait bien suivi les chemins de traverse pour se soustraire à l’attention
De Rosine maîtresse-femme et fière catin.
Elle commandait à une armée de brigands,
Sérail marqué au coin de sa médaille.
Tous admiraient la géante et la courtisaient
Espérant tous tenir plus d’une nuit dans ses draps,
Et tous chassés sans ménagement après les débats.
Si Pierre avait dû porter les bois que Rosine accrochait au contrat
Il ne lui aurait été d’aucune utilité de bûcheronner en forêt.
La brume en surface glisse à contre-courant sous les battements d’ailes invisibles
Pierre avait déposé son âme au creux de l’aulne
Une hache brillante qu’il avait poli au cœur et nettoyé de la langue.
Elle serait son phare pour le retour
Blanc sémaphore au ventre de l’arbre.
La nuit était venue alors qu’il songeait au pied de son totem
Aux voyages mythiques, aux odyssées lointaines,
Aux peintures de guerre, aux barques déliées
Frisant les rochers, échappant aux écueils
Crachées par les baleines, revenant des abysses.
Il se lève
Il vient sur le bord
Des enroulements de volutes laiteuses se mêlent aux plus sombres
Il entre
Du fond surgissent les courants dorés
Il avance
La vapeur d’or
Le froid
Le sommeil
Aspiration
Aspiration
Aspiration
Dissolution
C’est ainsi que Pierre franchit les rivières dorées et pénétra dans le pays de l’Etre-fou.
Lourd manteau, langue chargée, têtes multiples, voix intérieures, bélugas en réunion avant les voyages nuptiaux, m'aimeras-tu ? Même ratures, jeux de mots légers, embardées brèves, retour, envoi, renvoi, des voix... Les verbes moteurs d'armature de mots surgis. L'écrit des voix dissone, combien sont-elles ? contradictoires.
Il sera une fois, alors que rien n'y est et sans presque y prêter attention, une page remplie qui donne envie d'en savoir plus, j'invente, ça vient d'ailleurs, de lectures associées, de l'autre côté de la rue où je ne suis jamais allé, j'ai un drôle de pouvoir là, ça existe, c'est là, c'est écrit, si je veux je décris, je déchire, je tue, j'engendre avec l'ami Bob mon complice en recel, on dort dans le même lit.
Hé tu m'lis ?...






